Mes pratiques
Une vision globale du corps
Une approche intégrative où l’ostéopathie, le Rolfing, la fasciathérapie et l’éducation du mouvement se rencontrent autour d’une même compréhension du corps : sa capacité à s’organiser, s’adapter et retrouver un équilibre.
Le Rolfing
Vers une organisation du corps dans la gravité
Le Rolfing est issu de la biochimie. Sa fondatrice, Ida Rolf, a abordé le corps non pas comme une somme de pièces à réparer, mais comme un système d’interactions — une organisation vivante soumise aux lois de la physique et en dialogue permanent avec la gravité.
Là où l’ostéopathe cherche à restaurer une mobilité perdue, le Rolfer voit cela comme une étape possible vers un objectif cependant différent : une organisation qui permet au corps de profiter de la gravité et de la physiologie comme d’un tremplin naturel. On n’étudie pas le mouvement lui-même, mais la manière dont il se propage, dont les informations sont intégrées, dont le corps passe d’un état de désorganisation à un état de structure.
Les Rolfers sont traditionnellement formés en postgrade, après un premier métier. Cette diversité de parcours est une richesse constitutive de la méthode.
Mon chemin dans le Rolfing m’a conduit vers une clinique de plus en plus fine. Après vingt ans de pratique et de recherche, j’ai développé une compréhension que je pourrais résumer ainsi : nous fuyons les zones de notre corps qui sont mal ou pas représentées dans notre cerveau. Cette fuite est observable, mesurable, reproductible — et c’est précisément là qu’elle devient un outil thérapeutique.
Ce travail passe autant par l’éducation du mouvement que par le travail manuel. Mes mains établissent un dialogue tonique avec le corps — avec sa structure, son histoire, ses compensations silencieuses. Elles interrogent. Elles posent des questions auxquelles le corps répond à sa manière.
La fasciathérapie
La matière plastique du changement
Ida Rolf a été l’une des premières scientifiques à s’intéresser aux fascias — première femme américaine titulaire d’un PhD en biochimie, elle a abordé le corps avec la rigueur du laboratoire autant que la sensibilité du praticien. Elle les a nommés organes de la forme. En faisant du Rolfing la thérapie des fascias de référence mondiale, elle a posé les bases de ce qui allait devenir un champ de recherche scientifique majeur — le Fascia Research Congress a d’ailleurs été fondé grâce aux fonds de ses élèves et héritiers.
Les fascias sont les espaces à travers lesquels les informations transitent. Ils répondent à la manière dont notre corps s’organise dans l’espace et interagit avec son environnement. Ce sont eux qui portent la trace de nos compensations, de nos habitudes, de notre histoire.
Dans ma pratique, je travaille les fascias comme une matière plastique vivante — parfois avec une infinie finesse, quelques grammes de pression à peine, parfois avec davantage de force. Je les modèle, je travaille leur capacité à coulisser les uns par rapport aux autres, à retrouver une fluidité perdue.
C’est dans cette plasticité que le changement prend forme. Et comme dans le Rolfing et l’ostéopathie, ce travail manuel est indissociable de la représentation que le cerveau se fait du corps. Les zones de fuite — ces régions mal cartographiées, mal habitées — se manifestent aussi dans les fascias. C’est là que mes mains les trouvent, et c’est là qu’elles dialoguent.
L’éducation du mouvement
Un pont pratique avec les neurosciences
L’éducation du mouvement est intégrée à la formation de base du Rolfing. De par mon passé de grimpeur sportif, c’est une passion qui m’a accompagné dès le début, et qui a pris une dimension particulière. J’ai étudié plusieurs années en formation postgrade aux côtés de Hubert Godard — ostéopathe, Rolfer et professeur à l’Université de Paris, qui a consacré sa vie à l’étude du mouvement. Il a développé une approche unique de la posture, qu’il a transmise durant des années à travers le monde, en tenant à ce qu’elle reste ancrée dans l’expérience plutôt que dans l’écrit.
Au cœur de ma pratique se trouve une observation fondamentale : le cerveau construit une carte du corps — et certaines zones de cette carte sont manquantes, floues, mal habitées. C’est dans ces zones d’ombre que les douleurs chroniques s’installent et persistent.
Mon travail consiste à identifier ces zones, à les rendre visibles et mesurables — puis à créer les conditions pour qu’une cartographie nouvelle puisse se construire. On commence par observer ce qui fonctionne déjà, sans effort. On va ensuite chercher à recruter une musculature profonde qui ne demande aucune contraction volontaire — et c’est elle qui libère les muscles périphériques de leur surcharge silencieuse. Le résultat n’est pas seulement une diminution de la douleur. C’est une expressivité retrouvée — une façon d’habiter son corps avec moins de résistance et plus de liberté.
En séance, cela peut prendre des formes très différentes —couché, debout, assis, habillé, en mouvement. Il n’y a pas d’agenda. J’observe comment le corps s’organise, quelles zones participent et lesquelles se dérobent. À partir de là, j’introduis des repères concrets que la personne peut progressivement s’approprier et emporter avec elle.
Cette vision est au cœur de ma chaîne YouTube, alimentée chaque semaine par des situations pratiques quotidiennes du cabinet. J’y transmets l’essence de ma méthode.
L’ostéopathie
Un regard optimiste sur le corps
Le corps humain est un système remarquable. Il possède une capacité innée à s’autoréguler, à se réparer, à maintenir son équilibre — ce que l’on appelle l’homéostasie. L’ostéopathie part de ce constat fondamental : la santé est l’état naturel du corps, et la pathologie n’est qu’une perturbation de cet équilibre.
Le rôle de l’ostéopathe n’est pas de se substituer à ce système, mais de lui offrir un soutien minimal et précis là où il en a besoin. En restaurant la mobilité des structures — articulations, viscères, système nerveux, tissu fascial — il crée les conditions pour que le corps retrouve sa propre capacité de guérison.
C’est un savoir-faire à la fois manuel, médical et humain.
Ma formation en ostéopathie s’est construite auprès de praticiens de référence internationale : l’approche viscérale avec Didier Pratt, le crânio-sacré avec Jean Arlot, la neurodynamique des nerfs périphériques selon Jean-Pierre Barral avec Christophe Sommer, et durant huit ans aux côtés du Dr Vincent Guyot pour son approche du système nerveux.
Dans ma pratique, l’ostéopathie n’est pas une discipline isolée. Elle constitue un pôle conceptuel fondamental qui informe et précise l’ensemble de mon travail.
Et si ces signaux étaient une invitation à mieux vous comprendre ? Explorons ensemble et tentons d’apporter une solution bénéfique.